Le coq de Jean-Pierre est mort !!

Oh ! diront certains, ce n’était qu’une bête !

Et ben non ! Le coq de Jean-Pierre, c’était une partie de l’âme de la ferme des TEISSIER !

Car une ferme sans basse-cour, ça n’a pas de sens ! Et une basse-cour sans coq !!… mais c’est comme du champagne sans bulle ! Il manque quelque chose !

Mais de plus, ce coq, après être un animal, un petit bout d’âme, c’était aussi la mascotte de notre association !!

Je ne sais pas vous, mais moi, quand je vois les poules gratter le sol à la recherche de quelques gourmandises qui nous échappent, certes, mais qui les rendent caquetantes sous le regard bienveillant et protecteur de leur coq, et ben, ça me fait du bien ! Je me dis que voilà une image à la fois simple, bucolique et empreinte de sérénité. On est confronté à l’essentiel : on est ensemble, on est à la recherche de notre subsistance, on ne demande rien à personne, on veut vivre tout simplement… tout à notre bonheur de vivre en pleine nature, sans embêter qui que ce soit !!…

Mais alors, qu’est-il arrivé à ce magnifique coq ?

Peut-être a-t-il été bousculé par une voiture de passage ?…

Oui, parce qu’il faut vous dire une chose. Les poules de Jean-Pierre disposent de plusieurs poulaillers bien paillés, bien aérés. Mais ce n’est pas tout. Ces poulaillers s’ouvrent sur une immense cour en partie ombragée par notre fameux et pittoresque micocoulier… ! Là, les poules ont tout loisir de picorer le blé dispersé par Jean-Pierre, mais aussi, tous les légumes et fruits de saison de son jardin et de son verger.

Mais… ça ne suffit pas ! Tous les jours, Jean-Pierre vient leur ouvrir la porte, et zou ! A nous la grande cour de la ferme ! A nous les vermisseaux et les escargots ! Et vas y que je te cours à droite, à gauche ! Et la cour, ça ne suffit pas !… On court sur le chemin goudronné qui s’en va gaiement sous les chênes verts et autres arbustes ! Et là, ce sont encore d’autres gourmandises qui font le délice de ces dames toujours placées sous la surveillance du beau coq qui marche de long en large… Alors peut-être effectivement a-t-il été heurté par un véhicule ?

Jean-Pierre nous avait appris lors de notre dernière réunion que son coq était blessé à la jambe, pardon, à la patte. Il nous avait donc exposé cette explication, car de penser que quelqu’un puisse envoyer une pierre à son coq (pour quel motif ? La bêtise, ça c’est sûr), lui était trop insupportable.

Il nous a également appris que depuis sa blessure, le coq ne sortait plus dans la cour de la ferme. Cette bête souffrait, restait toute la journée dans le poulailler, ne chantait plus !! Et, détail émouvant, une poule restait constamment avec lui, délaissant les plaisirs extérieurs pour ne pas laisser son beau mâle seul, à se demander pourquoi il ne lui est donc pas possible de vivre tranquillement sa vie…

Alors, voilà, je voulais lui rendre hommage. Ma peine est sincère, car j’aime les animaux, et ce coq était particulièrement attachant, magnifique représentant de son espèce.

Mariejo Goulard

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