Je vous l’avais promis, ça y est ! Jean-Pierre m’a confié les confidences de Pomponette !! Sans plus attendre, je vous les présente à mon tour :

 

POMPONETTE EST AMOUREUSE 

« Hier, j’ai vu arriver Pomponette tout sourire, toute gentille. J’ai pensé tout de suite, Pomponette a fait bonne chasse. Elle a attrapé le chef de la tribu des rats de la maison d’à côté. Bravo minette, tu auras une médaille ! Mais non, pas du tout. Elle est montée sur mes genoux, ce qui n’est pas dans ses habitudes, m’a fait un bisou de chat, ce qui est encore plus surprenant. Puis, elle m’a dit à mon oreille, en confidence :

 

– Tu sais tonton, j’ai rencontré cet après-midi, un matou noir, tout noir avec des yeux verts, grand, mince, élégant, agile, dégourdi. Je crois que j’en suis tombée amoureuse ! Tu ne voudrais pas qu’on le prenne avec nous ?

Et là, heureusement que j’étais assis, sinon je crois que je serai tombé par terre, sur le cul.

 

Alors, je lui ai dit :

 

– Mais minette on ne se marie pas comme ça, c’est peut-être un voyou !

 

– Si, je veux aller voir le maire ! D’ailleurs, il faut que tu le voies, toi aussi.  Et il faut changer le nom de la rue où nous habitons, « Impasse de la Fontaine ». Elle est où cette fontaine ? Il n’y a plus de fontaine. Toi qui es vieux, tu t’en rappelles peut-être mais à part toi, personne ne comprend ce que ça veut dire. Il faut la rebaptiser. Je te donne une idée : « Impasse de la Chatte Amoureuse ».

 

– D’accord, je veux bien en parler à Jacky, le Maire, mais Jacky, il n’est que le « petit » chef, et il ne pourra peut-être pas. Tu sais, en France, les papiers c’est très important. Il faut toujours attendre l’ordre qui annule celui qui avait été donné et puis attendre le contre ordre.  Puis, quand arrive le moment de l’exécution des travaux, il n’y a plus d’argent. On a tout dépensé en papier, téléphone et autres timbres postes ! Alors, ne te fais pas trop d’illusions sur le changement de nom de notre rue, ça pourrait être long ! 

 

Quant à ton amoureux, je veux bien lui donner à ronger les os de côtelettes qu’éventuellement je pourrai manger si par hasard on augmentait ma retraite, même à la limite une poignée de friskies. Je ne laisse pas les gens mourir de faim devant ma porte, si peu que j’ai, il m’est toujours agréable de le partager. 

Maintenant, de là à le faire coucher avec nous dans le lit, c’est une autre histoire. C’est une faveur qui se gagne, mais qui ne s’achète pas. Vois, aucune femme n’est arrivée à gagner cette faveur ! Je bouge trop… ou peut-être pas assez, va savoir ? Et maintenant qu’il est bien trop tard pour que je puisse intéresser quelqu’un, c’est dommage… L’hiver, ça peut remplacer une couverte chauffante ! ».

 

Alors, là, Jean-Pierre, tu exagères !! Nous comparer, nous les femmes, à une couverture chauffante… Ma !! Mets des lunettes noires pour aller acheter ton pain, je crains que tu n’essuies quelques coups de griffes, heu pardon, d’ongles !

Gare à toi !

Mais bon, en ce qui me concerne, je te pardonne, parce que je sais que c’est ton humour taquin et ton esprit malicieux qui t’ont dicté cette conclusion hautement machiste !

Ceci dit, je me suis régalée à lire cette nouvelle, et j’espère que Pomponette aura le dernier mot… comme toutes les femmes ! Et na !

A bientôt !

Mariejo Goulard

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