Le samedi 5 janvier a eu lieu l’Assemblée Générale de notre association à la ferme de Jean-Pierre. Sur nos 35 adhérents, 23 étaient présents. Les absents avaient pris soin d’envoyer leur procuration au bureau.

Notre présidente, Babeth, a présenté le bilan financier et moral, le budget prévisionnel et nos projets pour l’année 2013.

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Après approbation générale, tout le monde il était d’accord, tout le monde il était content… tout le monde il était pressé de dévorer le gâteau des rois offert par le bureau de l’association !!

Nous avons tiré les rois et dégusté les délicieuses couronnes… Nous avons bu du cidre avec modération (avec qui ?), trinquant à la nouvelle année,  tout ceci dans une ambiance amicale et festive.

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Le feu crépitait joyeusement dans la cheminée, les flammes dansaient une folle salsa… je les ai même entendues dire « ça y est !! Les fadas sont de retour ! ça va de nouveau swinguer ! »…

Dou-ou-cement, hein ! On va démarrer 2013 doucement… Les animations, ce sera pour mi-juin. Certes, d’ici là, il y va y avoir du charivari comme d’habitude, les réunions suivies de repas pantagruéliques, tonitruants zé joyeux !! D’ailleurs, té, nous nous réunirons le vendredi 1er février.

Allez, de mon côté, je commence l’année en vous présentant un texte que mon ami Jean-Pierre vient de me confier…

LA POMPE CATALANE

 

« Amis lecteurs, comme vous le savez, j’ai une collection de vieux outils agricoles plus ou moins complète ; et une collection, c’est prenant… Il manque toujours des pièces, et un collectionneur est toujours à la recherche de l’objet rare pour la parfaire !

J’ai complété la mienne par quelques bouteilles plus ou moins bizarres venues des quatre coins du monde. J’ai rangé le tout dans la cave où nous faisions jadis le vin ; nous étions en effet des vignerons de fils en père et en grand-père aussi loin que vous pourrez remonter dans la nuit des temps. Pour diverses raisons, je suis le dernier.

Hier, par hasard, je suis rentré dans ce lieu riche en souvenirs. Il y régnait une atmosphère bizarre ; il me semblait entendre des murmures… Interloqué, je me suis arrêté et j’ai écouté plus attentivement. Il y avait en effet une grande discussion entre les bouteilles et les divers objets qui paradent chacun dans leur petit coin ! Mais qui pouvait provoquer un aussi grand tumulte dans cet endroit habituellement calme ?

Naturellement, j’ai écouté pour essayer de comprendre. La discussion était rude ! Car il y avait les « pour » et les « contre » ; s’il en avait été autrement nous n’aurions pas été en France ! Mais pour ou contre quoi, allez-vous me demander… Voyez plutôt :

« Nous n’avions pas besoin de cette étrangère, qui arrive dont on ne sait pas d’où. Elle a dû faire des histoires et on l’a mise dehors. Elle va prendre notre place et les visiteurs ne nous regarderont plus…

Peut-être que l’on va expulser un d’entre nous pour lui faire une place. Non ! Nous ne voulons pas qu’elle reste ! Et qu’elle s’en aille au diable ! En plus elle est vieille, laide, sale et elle n’est pas de chez nous ».

Ceux-là, c’était les « contre », mais il y avait les « pour », qui eux disaient :

« Ne croyez pas ça, on va se serrer un peu et nous lui ferons une place et croyez moi, plus nous serons nombreux plus il viendra du monde pour nous admirer.

Et puis, si on l’a mise dehors de chez elle, un peu de solidarité ça ne coûte pas beaucoup de peine et ça, vous ne le savez peut-être pas, mais l’amitié  est comme le soleil, elle se partage en autant de fois que l’on veut, mais elle demeure entière. Elle brille pour chacun d’entre nous ».

Mais de qui parlaient-ils ? Qui était cet intrus qui venait perturber leur tranquille retraite ? Mais c’était la pompe catalane, attendue depuis si longtemps, qui venait troubler leur calme et provoquer tout ce remue-ménage !

Depuis que j’en rêvais, enfin elle est là. Je la vois, je la touche.

Il faut lui faire une place. Mesdames et messieurs les « contre », sachez qu’un homme célèbre a dit : « J’y suis, j’y reste » : elle vous dit pareil !

Sachez que je dois ce plaisir à la générosité d’un gentil monsieur dont j’ai fait la connaissance en lui faisant visiter la cave et la collection de bouteilles.

Il m’a dit : « Mais il vous manque une pompe catalane !»

« Oui, bien sûr, mais savez-vous combien les brocanteurs demandent pour cet objet ? »

« Mais, monsieur, je ne suis pas brocanteur,  j’en ai une et je vous la donne ».

Il voulait me faire plaisir, mais il ne savait pas jusqu’à quel point il y a réussi !

Pourquoi j’avais envie de cet objet ? C’est un mystère autant pour moi que pour les autres. Peut-être d’avoir détruit celle de la maison ? Ou en y réfléchissant bien, d’avoir laissé périr d’autres objets qui aujourd’hui sont introuvables et qui enrichiraient ma collection ?

Enfin, sachez cher monsieur qu’elle va trouver chez moi une place d’honneur. J’espère pour elle qu’après moi, elle trouvera des défenseurs pour la protéger des ferrailleurs et autres destructeurs.

Je pense qu’elle fera le bonheur des visiteurs, qu’elle instruira les enfants sur la façon de travailler de nos anciens.

Bien sûr, vieille pompe aujourd’hui, tu retrouves ta place dans une cave. Evidemment, tu ne sentiras pas le vin chaud traverser ton corps (de pompe), tu ne sentiras plus la bonne odeur de la vendange fraîche, tu n’entendras plus les cris des filles que les garçons fardaient avec des raisins noirs (dit « gros noir de la Calmette »).

Non tout ça, c’est fini et j’ai bien peur pour toujours.

Vieille pompe, tu vas me dire, c’est un triste spectacle qu’une exposition, ramassis de vieux objets plus ou moins éclopés.

Mais, sachez que vous êtes là pour rappeler que ce sont les petites inventions qui ont permis les grandes. Si personne n’avait inventé la roue en bois, puis la roue en fer puis la roue en caoutchouc il n’y aurait pas de voitures et il en est ainsi pour beaucoup de choses. Tu seras là pour le faire savoir à tous.

Toi, tu représentes Lézan et la vie d’un vigneron. Ici, tu vas faire connaissance avec d’autres objets venus d’ailleurs.

Tiens, le petit pressoir,  lui, vient de Deaux, prêté à vie à la collection. Son grand frère, lui, arrive d’Aigaliers ; plus bavard il te racontera ses souffrances. Il a été abandonné au coin d’une aire sans abri, envahi par les mauvaises herbes, les buissons.

A ton tour,  tu leur parleras de ta vie au fond d’une cave sans soleil, sans visites, que celle du propriétaire qui ronchonnait parce que tu lui prenais trop de place et que tu ne servais plus à rien.

Tu auras à tes côtés le vieux foudre en bois qui vient de Ners ; vieillissant, on a dû le sacrifier, mais on a gardé la façade en remerciement des services rendus. En son temps, il gardait bien le vin que tu lui confiais et il le rendait meilleur.

Il y a aussi le gros tonneau de cinq cent litres (demi-muid) pour la buvette du propriétaire. Les pèse-tonneaux venus un d’Uzès, l’autre de Nîmes, les fouloirs grands et petits, la machine à faire des écheveaux de chanvre dans des temps très anciens, une autre machine qui devait servir à éplucher les châtaignes,  seront tes voisins.

Tu auras aussi la compagnie des fameuses bouteilles qui ont permis ta venue à Lavol. Vous pourrez vous raconter des histoires de marchands de vin ou des histoires de « rats de cave » le plus célèbre d’entre tous, monsieur André et combien d’autres plus ou moins tatillons et méfiants.

Bien que tu sois déracinée de ton village, de ta cave, tu as retrouvé une famille, un peu hétéroclite, certes,  genre d’émigrés… reste à vous de devenir des amis !

 

Voilà, mes amis, il s’en passe des choses dans ma cave !

C’est bien dommage que les objets ne puissent pas parler, sinon quel beau livre de leçons de vie et d’histoires quelquefois rigolotes pourrait-on écrire… »

 

Sacré Jean-Pierre…

A bientôt les zamis !

Mariejo Goulard

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