Dimanche soir, dans la cour de la ferme, aux alentours de 21h30, une drôle de bourrasque fit défiler devant nos yeux éblouis une farandole de personnages tout aussi attendrissants que comiques, dramatiques, fantasques, authentiques ! Il y avait une chèvre, un loup, un sous préfet, un chapeau claque, des violettes, des chevaux, une diligence, un rémouleur, une lettre, un papé, une mamée, un curé !! Oui, je vois que vous avez deviné,  vous, pécaïres, qui n’étiez pas là, il est question ici des Lettres de Mon Moulin…

Si, comme le curé de Cucugnan nous l’a affirmé, Dieu prête Vie Eternelle aux bonnes âmes, alors c’est sûr, Alphonse Daudet a dû être heureux et comblé de voir tous ses personnages s’animer et reprendre vie en Jean-Claude DUMAS qui les a admirablement et merveilleusement interprétés !!

Nous avons eu en effet la chance et le bonheur de la venue de ce beau parleur, comédien au cinéma et au théâtre, résidant à Nîmes. Il est venu le temps d’une soirée nous régaler en nous proposant ces textes, avec un talent, un humour, une truculence, un don de la mise en scène, rendant un fier hommage à notre poète et écrivain provençal.

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La soirée a débuté avec la « Chèvre de Monsieur Seguin »… Mais qu’elle était jolie la chèvre de Monsieur Seguin ! Dimanche, elle était encore plus belle que dans mes souvenirs ! Et on y était dans cette forêt où cette chèvre princière s’est échappée ! Les fleurs par milliers, les sources qui couraient dans la colline nous éclaboussant au passage, nous y étions ! Et puis, nous avons beau connaître la fin tragique de cette nouvelle, le talent de Jean-Claude a quand même réussi à nous tenir en haleine et à craindre pour la jolie imprudente…

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La chèvre se bat contre le loup…

Ce fut ensuite le « Sous Préfet »… Alors, là, comment ont-ils fait pour mêler l’humour, le récit et la poésie ? Alphonse Daudet avec sa description si minutieuse et pétillante, et Jean-Claude Dumas avec son interprétation si savoureuse que nous entendions la source, respirions l’air pur, humions le doux parfum des violettes. On ne se pose plus la question, leurs deux talents réunis nous ont tout simplement ravis, ravis au premier sens du terme !

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Monsieur le sous Préfet essaie de se concentrer…

« La Diligence » ensuite… On entendait presque le pas des chevaux, scandant les propos acides revêtus de rires de cet affreux boulanger… Dans cette narration à double registre, comique et dramatique, nous avons  bien ressenti la bêtise de ce boulanger et le désespoir du rémouleur, lorsque le « Tais-toi boulanger », prononcés d’une voix sombre, tragique et basse, tombe tel un terrible couperet sur les rires gras de cet homme cruel.

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Daudet va descendre de la diligence et veut croiser le regard du pauvre rémouleur…

« Les vieux »… Ah ! Les vieux.  Tour à tour attendrissant, comique, frisant la tristesse, ce récit débordant d’amour et de tendresse, Jean-Claude Dumas l’a interprété avec une sensibilité qui a repoussé le pathétique qui pouvait facilement s’y immiscer… Les cerises sans sucre… mais nous avons tous grimacé avec lui !

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Lecture de la lettre qui va lui faire rencontrer le papé et la mamète !

Et ce fut le « Curé de Cucugnan » qui clôtura la soirée… Il fut divin ce curé !! Il était pourtant désespéré ce saint homme ! Mais il nous a bien fait rire dans sa course au rattrapage du paradis ! Mon dieu que c’était drôle de voir tourner ces énôôôrrmes pages d’inscriptions des différents livres du paradis, du purgatoire et de l’enfer…

Jean-Claude Dumas n’était plus le narrateur, tant il s’était glissé au propre comme au figuré dans l’habit ecclésiastique de ce brave curé, trébuchant sur les chemins brûlants, poussé par un fol désespoir ! Il fallait le voir rugir et haranguer sa paroisse derrière cette petite chaise empaillée faisant office de chaire !

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Ce fut un excellent moment de rires… d’autant plus que l’orage qui était au-dessus de nous s’en donnait à cœur joie ! Les coups de tonnerre du début (au moment de « la Chèvre jusqu’au milieu des « Vieux »), un peu timides, se sont au fur et à mesure intensifiés. La pluie est venue nous chasser de devant le pigeonnier pour nous pousser sous le préau de la paillière… Mais devenant de plus en plus forte, nous nous sommes tous pressés près de Jean-Claude, formant sans le vouloir les rangs serrés des fidèles à qui il s’adressait sans relâche, les propos scandés bruyamment par les coups de tonnerre qui a présent claquaient tel un fouet sur le dos des malheureux pêcheurs qu’était en train de décrire Jean-Claude, rajoutant à cela un comique de situation imprévu !

Ah, ça !! C’est une soirée qui restera gravée à jamais dans nos mémoires ! Ce fut un mariage réussi entre le talent d’écriture d’Alphonse Daudet et l’art d’interprétation de Jean-Claude Dumas.

Quant la ferme de Jean-Pierre, elle a offert un bien bel écrin…

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Certains éprouvent le besoin de partir loin, dans des contrées étrangères pour s’évader… Là, en une paire d’heures, nous avons voyagé dans le temps et l’espace, nous avons humé des parfums si enivrant qu’ils peuvent vous faire oublier le devoir et le protocole, nous avons parcouru des chemins de campagne brodés de fleurs multicolores capables de vous faire tourner la tête, de vous enivrer, nous avons pu vivre les moments que nous avions tant imaginés à la lecture de ces fameuses « lettres ».

Oui, ce fut un bel et beau voyage que ce talentueux Jean-Claude Dumas nous a fait vivre avec l’aide de son pote Alphonse !

Elisabeth Meynier et les membres du bureau vous remercient Monsieur DUMAS pour ces instants savoureux !

Nous avons ensuite bu le verre de l’amitié…

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C’est en compagnie de Jean-Claude, que Jean-Pierre vous dit : « A l’an que ven ! » :

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A bientôt donc, les zamis !

Mariejo Goulard

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