Les joyeux compères du bureau que nous sommes se sont réunis ce vendredi 7 mars, sous le regard bienveillant du maître de ces lieux, afin de  préparer nos manifestations estivales 2014.

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En cours de réunion, devant le comportement dissipé de certains que je ne nommerai pas, (que des individus mâles), je me vis obligée de les menacer afin de les réduire au silence. Jean-Pierre, très discret lui, par contre, se leva. Il revint avec une énorme cloche que je m’empressais de secouer énergiquement à chaque montée de décibels. On eut cru qu’une vache égarée et très énervée s’était invitée à notre table… Et ben, ça a marché ! Oui ! A chaque fois, Pfft ! Calme et attention accrue posaient leur voile de silence dans la pièce redevenue studieuse… Ne les plaignez pas, on a bien rigolé !

Cependant Jean-Pierre, vers la fin de la réunion se réfugia dans sa salle à manger où je le surpris en charmante compagnie…

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Mais j’y pense, pourquoi Pomponette, d’habitude si assidue à nos réunions, langoureusement installée sur son fauteuil près de la cheminée, n’était pas avec nous ? Ben ? Mais…, pourquoi se cache-t-elle à présent ? Qu’est-ce qu’il lui prend ?

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Je tourne la tête, j’ai ma réponse… Bianca, ma chienne, vient de passer sa tête à la porte… L’ennemie ancestrale vole ainsi la place à la féline outragée qui se console dans les bras de son maître.

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Las ! Ce que Pomponette ignore, c’est que Bianca est l’exemple même de la tolérance et de l’acceptation de la différence que beaucoup devraient observer aujourd’hui… Bon, Fi de ces constatations moralistes et continuons notre soirée.

Je retourne à la cuisine et que vois-je ? Nadine et Gérard, tels les papés et mamés d’antan, installés dans la cheminée.

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Ils n’en ont ni l’âge ni l’allure, bien sûr, mais on imagine bien la scène familiale du siècle dernier… Houuuu ! Si Jean-Pierre lit ces lignes, il va encore brandir son stylo et écrire un pamphlet pour se venger comme il l’a déjà fait par le passé lorsque j’ai osé traiter le hameau de Lavol Haut de « trou du c… du monde »… car, il s’assoit très souvent sur ces petites chaises, pour s’installer au plus près du foyer et profiter au maximum de la caresse des flammes.

Mais que se passe-t-il encore ? C’est la pleine lune ou quoi ? Christian qui s’en prend sauvagement à notre cher trésorier (hé hé « cher » pour un trésorier, c’est pas mal non ?)

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et puis c’est le tour d’Alain, qui, lui, plus délicat, le fouette avec la tapette… la tapette pour les mouches, bien sûr !

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Et puis soudain, les verres sont posées, les bouteilles débouchées… place à l’apéritif !! Et bé, il fut joyeux notre apéritif ! Non, non, non, ce ne furent pas les effluves d’alcool qui nous rendirent joyeux… oh peuchère, ce n’était qu’un peu de vin Monseigneur… Non, il fut joyeux, car nous fûmes heureux d’offrir à notre hôte un cadeau. Un cadeau pourquoi ? Comme ça, pour le remercier de nous accueillir pour chacune de nos réunions, de nous offrir le bel écrin qu’est sa ferme pendant toutes nos manifestations, pour sa patience et sa gentillesse.

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Té, vous la voyez la cloche ? Meuhhhhh non ! Elle, c’est Hélène ! Non, ce qu’elle tient à la main, voyons ! Z’avez vu la taille ? Oui, de la cloche, la taille de la cloche, bien évidemment… Quand je vous disais qu’on pouvait imaginer qu’une vache était parmi nous… meuhhhh crénom de nom ! Bien sûr que je parle de la cloche !

Nous nous retrouvons ensuite à nouveau autour de la table pour déguster une bonne raclette que Babeth est allée acheter aux halles. Du fromage au lait cru non pasteurisé pour le bonheur des papilles déjà bien émoustillées après les agapes de l’apéritif…

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Mais qu’a donc fait notre trésorier pour que moi aussi je veuille le châtier ?

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Peut-être pour lui faire passer l’envie d’acheter un appareil à « hot dog » (pardon JP pour cet anglicisme) ? Oui, parce que Môôôssieur veut vous faire manger, chers visiteurs, des hot dog en lieu et place de nos bonnes grillages de saucisses des Cévennes. Mais il va pas bien, hein ? Et chaque année, que dis-je chaque année, à chaque réunion ou presque, il nous en parle. Alors, moi, que voulez-vous, j’ai craqué ! Oh, ce n’est qu’une petite cassolette Monseigneur, mais je n’ai pas osé…

Bianca, elle, se marre.

Regardez Nadine…

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Sont-ce les flammes de la cheminée ? La chaleur des deux appareils à raclette, son envie étouffée de se défouler sur notre pauvre trésorier (pauvre, pour un trésorier !) (mais qu’a-t-il fait ce brave homme ?). En tout cas, elle n’en peut plus et agite frénétiquement son éventail…

Ensuite, place au dessert… C’est la mine réjouie de Christian qui fait plaisir à voir !

P1220214Babeth a cuisiné un baba au rhum presque « espécialement » pour lui, absent à la dernière réunion où nous avions eu le plaisir et le bonheur d’en déguster au goûter ! Tandis que Nadine avait sagement préparé une salade de fruits pour rafraîchir nos gosiers quelque peu trop sollicités… Man !! Que c’était bon !!

Pour clôturer la soirée, Jean-Pierre nous fait le plaisir de nous lire un de ces derniers écrits.

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Voici son récit :

LE BIEN MAL ACQUIS NE PROFITE JAMAIS OU LE VOLEUR VOLE

« Pour une fois, je ne peux pas garantir la véracité des faits, mais enfin dans les histoires, s’il y a un doute il y a toujours quand même un fond de vérité. Et puis ces paysans sont capables de toutes les forfaitures, c’est bien connu.

Venons-en à notre histoire. Cet homme, ce paysan, avait des vaches et il faisait commerce de leur lait.

Comme il était un peu « radin » (ils le sont tous plus ou moins cela est aussi reconnu) il économisait sur la nourriture. Aussi ses vaches étaient plutôt maigres et ne donnaient pas beaucoup de lait. Ainsi les bénéfices étaient aussi maigres que les vaches.

Il était obligé de rationner le lait à ses clients, ce qui ne faisait l’affaire de personne et surtout pas les siennes !

Un jour où il était plus à court que d’habitude, il eut l’idée de rajouter de l’eau. Tout se passa bien et personne ne se rendit compte de la tricherie, mais pour lui les bénéfices avaient augmenté. Mais ce voleur de paysan trouva que c’était agréable et le lendemain il rajouta encore de l’eau ! Ceci lui permit d’agrandir sa clientèle sans avoir plus de travail ni de dépense.

L’affaire marchait bien, et tout le monde voulait de ce bon lait léger qui ne faisait pas grossir et ne fatigait pas l’estomac. Ce brave homme était devenu le sauveur du canton ! On avait trouvé un nom ronflant à ce produit. Il y avait même une publicité qui disait : « en direct de la source au consommateur, lait garanti naturel, cela va de soi ! ».

Notre homme changea sa façon de vivre. Nous n’étions pas encore à l’époque des grandes limousines, mais il acheta une calèche et un cheval pour promener madame et aussi pour épater les voisins.

Il changea sa blouse de paysan contre un costume. Il jeta sa vieille casquette sale et acheta un joli  chapeau, un haut de forme qui classe son homme.

On ne disait plus : « je vais chez le laitier » mais on allait chez monsieur Jean. Je ne me souviens plus de son nom de famille mais c’était un nom célèbre Jean de quelque chose, mais de quoi ?

Un jour, où les affaires avaient sans doute mieux marché que d’habitude, ou il avait allégé le bon lait naturel plus que de raison, il dit à sa femme : « Au diable l’avarice, nous allons nous payer une petite promenade avec la calèche que nous venons d’acheter, cela sortira un peu le cheval. Nous allons voir les cousins. Ils nous offriront sans doute le café et notre promenade ne nous coûtera pas trop cher ! En plus, nous épaterons les voisins. Ils seront jaloux et leurs grimaces nous feront rire, car avec le travail on ne rigole pas tous jours à la maison ! ».

Il attelle le cheval à la calèche, et les voilà partis rendre une petite visite aux cousins. Pour arriver au village où les cousins habitaient, il fallait traverser une rivière. Il y avait un pont bien sûr mais il avait beaucoup plu et la rivière était en crue. Arrivés au milieu du pont, un terrible coup de vent survient et emporte le chapeau au beau milieu de la rivière ! Et comme dans la chanson : « au fil de l’eau comme un joli bâteau, le joli chapeau s’en est allé. »

Tout autre que lui aurait râlé, tempesté après ce maudit coup de vent, mais lui, non.

Car il faut bien le dire, les paysans sont philosophes. Ils ne s’insurgent pas contre les évènements naturels. Notre homme s’est contenté de dire en voyant partir son joli chapeau : « Sies vingut per l’aïga, t’en vas per l’aïga » (tu étais venu par l’eau et tu t’en vas par l’eau !).

Bien mal acquis ne fait jamais profit !

Après cette réflexion, on peut tout imaginer et n’importe quoi. On peut finir cette histoire à sa guise. On peut dire que le cheval s’est emblallé, qu’il les a jetés dans la rivière et qu’ils ont péri noyé y compris le cheval, la calèche a été détruite par les flots et on rajoute pour conclure : bien mal acquis ne fait jamais profit.

Cette version ne vous plait pas ? Rassurez-vous j’en ai une autre.

Il avait oublié de désserrer le frein, la calèche a pris feu et ils ont péri dans les flammes ce qui a purifié ce bien mal acquis, c’est mieux ? Cela vous plait davantage pour punir les voleurs et le bien mal acquis ? Non. Mais ne vous faites aucun souci, j’en ai une autre.

Ils sont arrivés chez les cousins, sans chapeau, ça c’est une chose certaine, mais sans autres ennuis et leur bien mal acquis, ils l’ont gardé pendant de longues années…

Je connais beaucoup de personnes qui font des profits avec des procédés pas très honnêtes et qui en jouissent pendant de longues années sans aucune honte. En plus, beaucoup de monde s’incline devant eux, leur lève leur chapeau en espérant qu’ils voudront bien leur laisser tomber quelques miettes et leur accoder un geste de bienveillance. Le monde est rempli de gens qui font mentir le fameux proverbe, bien mal acquis ne fait jamais profit.

Cela vous plait mieux ? Dans tous les cas, c’est le plus véridique. »

Avant de quitter mes amis et la maison de Jean-Pierre, je vais faire un tour à la salle à manger pour m’assurer que tout va bien pour Pomponette…

Oui, tout va bien, et je lis dans son regard le soulagement et le plaisir que lui apporte notre départ… Enfin le calme, la paix et le silence vont s’installer à nouveau dans sa maison !

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Profites en bien Pomponette, nous serons de retour le 18 avril pour une nouvelle réunion… et de nouvelles dégustations !!

A bientôt donc les zamis !

Mariejo Goulard

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