Au début du mois de septembre, nous nous sommes tous réunis à l’auberge des « 5 B », à VEZENOBRES  pour entourer Elisabeth de notre amitié et de notre affection. Cela nous a fait du bien…

Puis, nous nous sommes rendus à la ferme de Jean-Pierre afin de ne pas rompre trop vite le plaisir de nos retrouvailles. C’est alors que JP nous a fait la lecture d’un papier qu’il a rédigé, et que je vous confie ci-après. Je ne vous dévoile pas le sujet, vous allez l’apprendre bien vite !!!

LES  CHEVRES D’ANDUZE

« Je ne peux pas ouvrir le journal sans trouver un article qui me choque ou qui me fasse sursauter.

L’autre jour, c’est l’histoire de trois biquettes qui avaient choisi la liberté. Ces trois indisciplinées avaient fait comme la chèvre de Monsieur SEGUIN… Elles préféraient l’air pur de la montagne à celui de l’étable. Elles en avaient marre de se faire tripoter les mamelles matin et soir pour prendre leur lait et faire des pélardons  (pas toujours bons). Aussi, un beau soir, elles ont oublié de regagner la bergerie et ont fugué dans la montagne, pour l’instant sans loup.

Mais voilà où le bât commence à blesser. Elles mangeaient l’herbe communale et ne payaient pas de taxes, aucun impôt. Chose inadmissible et intolérable. De plus, elles faisaient rouler des cailloux sur la route… Route qu’empruntent les touristes. Il faut les préserver, c’est juste, car eux, ils laissent de l’argent !

La mairie se souvenant de Monsieur de LA FONTAINE qui fait dire à l’âne dans la fable des  « Animaux malades de la peste » : « Dans un pré de moines passant, la faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense quelque diable aussi me poussant, je tondis ce pré la largeur de ma langue », et que l’on condamna à mort pour faute impardonnable… a fait subir aux biquettes le même sort. Pas de grâce présidentielle, pas de sursis, exécution immédiate et sans appel. Bravo monsieur le maire !

Je ne suis pas technicien aux Ponts et Chaussées, ni décideur à la mairie d’Anduze, mais il me semble qu’il y avait d’autres possibilités. Je me permets de dire que l’on aurait pu mettre un filet sur la colline pour empêcher les cailloux d’arriver sur la route. Je me permets de dire aussi que les chèvres ayant disparu, les pierres arriveront toujours sur la route, car l’érosion de la colline sera toujours là. Ma nièce et moi-même avons été victimes de pierres sur la route dans d’autres lieux. Question d’argent ? Alors, là, le bât me blesse vraiment et pour le principe je n’aime pas que l’on se moque de moi. Il n’y a pas d’argent dites-vous ? Et pour repeupler les montagnes avec des loups, on en trouve où ? C’est gratuit peut-être ! Gardez- moi un louveteau de votre louve.

Mais ce n’est pas pareil, c’est l’équilibre de la nature, la bio diversité, une population naturelle. Bien sûr, ils ne mangent que les moutons, canailles et sottes espèces comme le disait si bien monsieur de LA FONTAINE. Si par hasard il mange le berger, il est digne de tous les maux. Bravo c’est très juste, tant qu’il restera des moutons et des bergers dans la colline, mais le jour où il ne trouvera plus de chèvres de monsieur SEGUIN, ou l’agneau se désaltérant dans de l’eau claire, à qui va-t-il s’adresser ? A vous, à vos enfants ? Il faut bien qu’il se nourrisse, c’est la loi de la nature. Il se contentera de votre carcasse, même si vous n’êtes pas aussi tendre qu’un petit cabri ! Souvenez-vous de la bête du GEVAUDAN, ce monstre qui a dévoré plusieurs personnes et terrorisé toute une région. Ce n’était jamais qu’un gros loup que la nature avait doté d’un féroce appétit. Un jour, il est mort étouffé parce qu’il avait mangé un vieux qui avait les os trop durs.

Alors réfléchissez, nous avons de l’argent pour lâcher des fauves dans la nature, et nous n’en avons pas pour protéger ceux qui choisissent de vivre libres. Ces pauvres biquettes ont payé de leur vie leur besoin de liberté. Vous allez me faire remarquer qu’elles ne sont pas les premières. Dans nos Cévennes et ailleurs dans le monde, nombreuses sont les personnes qui ont payé ce prix pour pouvoir vivre libres, libres de penser, de pouvoir dire ce que bon leur semble, d’aller où elles croyaient bon d’aller sans chien de garde pour vous remettre sur le droit chemin, le chemin de tout le monde… Beaucoup l’ont payé, le paie et le paieront de leur vie !!!

 

J’ai trouvé sur MIDI LIBRE ces photos des jolies et intrépides biquettes…

 

Bon, je vous laisse méditer sur le texte de Jean-Pierre et vous dis à bientôt.

Mariejo Goulard

 

 

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